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Fabricants de basses électriques : qui fait quoi, du premier instrument à la pièce de luthier

Fabricants de basses électriques : qui fait quoi, du premier instrument à la pièce de luthier

Leo Fender a lancé la Precision Bass en 1951, et presque chaque marque de basse électrique se situe encore par rapport à elle : la copier, l'améliorer ou s'en éloigner. Squier, Harley Benton ou Ibanez pour le débutant, Fender, Music Man ou Warwick pour durer, luthiers pour le haut de gamme : connaître ces familles aide à choisir une guitare basse adaptée à son style musical, à sa main et à son ampli.

Pour débuter
Squier, Harley Benton, Ibanez GSR, Yamaha TRBX : des copies fiables des grands modèles, à vérifier sur le réglage.
Pour progresser
Sterling by Music Man, Ibanez SR, Yamaha BB, Sire Marcus Miller, Cort : la lutherie monte d'un cran, l'électronique active apparaît.
Pour durer
Fender USA, Music Man, Warwick, Sandberg, Vigier et les luthiers de session : bois choisis, finitions soignées, revente plus facile.

Pourquoi la marque compte, et où elle ne compte plus

Une marque de basse, ce n'est pas qu'un logo sur la tête du manche. C'est une façon de construire un instrument : un profil de manche, un type de micro, un réglage d'usine, une tolérance sur les frettes. Deux basses électriques au même format quatre cordes et au même diapason de 34 pouces peuvent se jouer de façon très différente selon le fabricant. Le manche fin d'une Ibanez SR n'a rien à voir avec le « C » épais d'une Fender Precision Bass des années 1950.

La marque compte aussi pour le son. Chaque fabricant a son circuit fétiche : micro split de la Precision, deux micros simple bobinage de la Jazz Bass, humbucker de la StingRay, électronique active à trois bandes chez Warwick ou Sandberg. Ces choix donnent une couleur que l'on reconnaît sur un disque. Pour comprendre comment chaque capteur façonne le grave, le guide des micros de basse et de leur influence sur le son détaille les familles une par une.

Elle ne compte plus, en revanche, quand l'usine change. Une même marque produit souvent en Indonésie, en Chine, au Mexique, au Japon et aux États-Unis. Une basse de série d'entrée de gamme et un modèle de haut de gamme portent parfois le même nom et n'ont en commun que le dessin de la caisse. Avant de juger une marque, il faut toujours regarder la série et le pays de fabrication de l'instrument précis que l'on a entre les mains.

Les marques de basse qui ont écrit l'histoire de l'instrument

Quelques fabricants ont posé les formes que tout le monde reprend. Les connaître permet de lire n'importe quelle liste de marques : la plupart des modèles récents se rattachent à l'un d'eux.

Fender, le point de départ

Leo Fender invente la basse électrique de série telle qu'on la connaît : corps plein, frettes, manche vissé. La Precision Bass de 1951 donne un son rond et central, parfait pour tenir le groove sous une batterie. La Fender Jazz Bass, ses deux micros et son manche plus fin, arrive en 1960 et ouvre une palette plus claire, plus mordante, que les bassistes de funk et de jazz adoptent vite. Aujourd'hui, les séries Player (Mexique), American Professional et American Ultra (États-Unis) couvrent tout le spectre, de la basse de répétition à l'instrument de scène.

Music Man, G&L et l'héritage de Leo Fender

Après avoir vendu Fender, Leo Fender participe à Music Man, qui sort la StingRay en 1976 : un seul humbucker, un préampli actif, une attaque percutante devenue la signature du slap. Il fonde ensuite G&L, qui prolonge ses idées avec des micros et des chevalets retravaillés. Music Man appartient aujourd'hui à Ernie Ball et décline aussi une gamme accessible, Sterling by Music Man, fabriquée en Asie.

Gibson, Rickenbacker, Höfner : les autres voies

Tout ne vient pas de Fender. Gibson propose la Thunderbird et l'EB, au manche collé et au son plus sombre. Rickenbacker construit la 4001, manche traversant et son métallique, portée par Chris Squire et bien d'autres : l'histoire est racontée dans la page sur la Rickenbacker 4001 et ses bassistes célèbres. Höfner, enfin, reste attaché à la Violin Bass de Paul McCartney, une basse creuse au diapason court, légère et chaleureuse.

Quelle marque de basse choisir pour débuter ?

Pour une première basse, la marque compte moins que le réglage. Un instrument bon marché bien réglé (hauteur des cordes, courbure du manche par la truss rod, intonation) se joue mieux qu'un modèle plus cher mal préparé. Les fabricants d'entrée de gamme ont fait de gros progrès : les défauts graves sont devenus rares, les petits réglages restent fréquents.

  • Squier : la filiale de Fender reprend la Precision et la Jazz Bass. La série Squier Affinity vise le tout premier instrument ; la série Squier Classic Vibe, plus soignée, plaît aussi aux bassistes confirmés qui cherchent une copie fidèle des modèles vintage.
  • Harley Benton : la marque propre d'un grand distributeur en ligne. Le rapport entre le prix et la lutherie surprend souvent ; la qualité varie d'une série à l'autre, d'où l'intérêt de lire des avis récents sur le modèle exact.
  • Ibanez : les séries GSR et SR d'entrée ont un manche très fin et un corps léger, pratiques pour une petite main ou pour un guitariste qui passe à la basse.
  • Yamaha : les TRBX et BB d'entrée de gamme sont réputées pour leur finition régulière et leur fiabilité.
  • Cort : fabricant coréen qui produit aussi pour d'autres marques, avec des modèles d'initiation bien construits ; notre test complet de la basse Cort A4 en donne un exemple en milieu de gamme.

Pour un débutant, une quatre cordes à manche standard, deux micros passifs et un poids raisonnable reste le choix le plus sûr. La page qui explique comment bien débuter à la basse reprend les critères de confort et de réglage à vérifier avant l'achat.

Beaucoup de marques vendent aussi un pack débutant : la basse, un petit ampli de répétition, un câble jack, une housse, un accordeur et parfois une sangle. Ces kits dépannent pour commencer à la maison, mais l'ampli fourni sature vite dès qu'on joue avec une batterie. Un débutant qui vient de la guitare gagne souvent à garder la basse du pack et à changer l'ampli dès les premières répétitions. Les accessoires comptent aussi : un jeu de cordes neuves et une pédale d'effet simple, comme un compresseur, suffisent à transformer le son d'une basse d'initiation.

Comparer les grandes marques selon le style et le niveau

Ce tableau classe les fabricants par ce qu'ils font de mieux. Les niveaux de budget sont relatifs : les tarifs changent souvent, et une même marque couvre parfois deux ou trois gammes.

MarqueModèles repèresSon et jeuBudget
SquierAffinity, Classic VibeCopie des Fender, rock, popModéré
IbanezGSR, SR, BTBManche fin, metal, fusionModéré à intermédiaire
YamahaTRBX, BBPolyvalent, très régulierModéré à intermédiaire
SireMarcus Miller V, P, MActif, funk, slapIntermédiaire
Sterling by Music ManStingRay Ray4, Ray34Humbucker, attaque francheIntermédiaire
FenderPrecision, Jazz BassLa référence, tous stylesIntermédiaire à élevé
Music ManStingRay, BongoFunk, rock, slapÉlevé
WarwickCorvette, Thumb, StreamerMédiums boisés, metal, fusionIntermédiaire à élevé
SandbergCalifornia, SuperlightModerne, précisÉlevé
VigierExcess, ArpegeMade in France, fretless réputéeÉlevé

Les marques de milieu de gamme, là où se joue le meilleur rapport qualité et prix

Entre l'instrument d'initiation et la basse de professionnel se trouve la gamme la plus intéressante pour un bassiste qui joue régulièrement. Les bois sont mieux sélectionnés, les frettes mieux finies, et l'électronique active devient courante.

La Sire est l'exemple le plus parlant. Cette marque coréenne s'est associée à Marcus Miller pour produire des copies de Jazz Bass et de Precision équipées d'un préampli actif conçu avec lui. Le résultat a changé la gamme intermédiaire : beaucoup de bassistes de funk en ont fait leur instrument principal. Notre avis sur la Marcus Miller V3 détaille ce qu'elle apporte et ses limites.

Chez Ibanez, les SR de milieu de gamme et les BTB à manche traversant ajoutent des micros et des préamplis de meilleure qualité. Yamaha propose avec la BB une basse au son rond, proche d'une Precision, très appréciée en studio. Sterling by Music Man offre le son StingRay sans le coût d'un modèle américain. Ces marques équipent souvent des musiciens professionnels comme seconde basse, pour les tournées ou l'enregistrement en home studio.

À ce niveau, l'écart entre deux instruments tient surtout à la main : poids, profil du manche, équilibre sur la sangle, touche en palissandre ou en érable. Le son se règle ensuite par les micros, les cordes et l'ampli : une même basse ne sonne pas pareil sur un ampli à lampes, sur un ampli de répétition ou branchée directement dans une carte son de home studio. Les guides sur le choix d'un ampli basse selon le lieu de jeu et sur les accessoires complètent ce tour d'horizon.

Haut de gamme, luthiers et basses made in France

Au sommet, le nom sur la tête du manche garantit un travail de lutherie : sélection des bois, séchage, ajustage des frettes, électronique choisie pièce par pièce. Trois familles se partagent ce segment.

Les grandes marques de série haut de gamme

Fender USA, Music Man, Warwick (Allemagne), Sandberg (Allemagne), Lakland et Spector (États-Unis) produisent des basses de série au niveau professionnel. Warwick est connue pour ses bois exotiques et son son très présent dans les médiums ; Sandberg pour ses modèles modernes et légers ; Spector pour ses corps galbés et son électronique active puissante.

Les luthiers de session

Fodera, Ken Smith, Sadowsky et F Bass fabriquent des instruments en petites séries ou sur mesure. Ils sont joués par des bassistes de session et de jazz qui cherchent une précision de réglage et une régularité de son que la grande série n'atteint pas. Ces basses sont aussi des instruments de collection, dont la valeur se maintient à la revente.

Les basses faites en France

Vigier, installé en région parisienne, construit ses basses en France depuis les années 1980. Ses manches renforcés au carbone, sans truss rod classique, et ses modèles fretless sont réputés bien au-delà de l'Hexagone. D'autres luthiers français travaillent à la commande, souvent sur des séries très courtes. Choisir une basse made in France, c'est payer un travail artisanal et un suivi direct avec l'atelier. Pour découvrir le jeu sans frettes, la page sur la basse fretless et ce qu'elle change sous les doigts explique la technique.

D'autres fabricants de guitare basse à connaître

Une liste de marques ne s'arrête pas aux noms du tableau. Plusieurs fabricants de guitare électrique ont aussi une gamme de basses, et certains luthiers ont marqué des styles précis.

  • Epiphone, la gamme accessible de Gibson, propose des copies de Thunderbird et de basse EB, et une Violin Bass proche de celle de Paul McCartney.
  • Godin, fabricant canadien de guitare, construit des basses électro-acoustiques et des modèles fretless appréciés en musique acoustique et en jazz.
  • ESP LTD et Schecter visent le rock et le metal : manches rapides, micros puissants, électronique active, souvent en cinq cordes.
  • Alembic a inventé, dans les années 1970, la basse à électronique active et manche traversant en bois exotiques ; Stanley Clarke l'a rendue célèbre.
  • Roscoe et Elrick, deux luthiers américains, fabriquent des basses de haut de gamme très recherchées en gospel et en musique de session.
  • Ken Smith et Fodera restent les références du six cordes, avec des instruments construits presque à l'unité.

Pour Harley Benton, Spector ou Höfner, la règle est la même : lire la série et le pays de fabrication avant le nom. Une marque de guitare connue ne fait pas toujours de bonnes basses, et une petite lutherie peut surpasser un grand nom sur un modèle donné. La percussion du slap, la rondeur d'un son de basse rock ou la précision d'une ligne de jazz dépendent du micro et de la main droite bien plus que du logo.

Comment bien choisir une basse au-delà de la marque ?

La meilleure marque de basse est celle dont l'instrument tombe bien sous la main. Quelques critères valent pour tous les fabricants :

  1. Le nombre de cordes : quatre pour débuter et pour la plupart des styles, cinq pour le metal, le gospel ou la variété qui descend plus bas ; la basse 5 cordes et ses usages a sa propre page.
  2. Le diapason : long (34 pouces) en standard, court (30 à 32 pouces) pour les petites mains ou un son plus rond, comme sur la Höfner.
  3. L'électronique : passive pour un son naturel et sans pile, active pour plus de réglages et de sortie, avec une pile à surveiller.
  4. Le poids : une basse de plus de quatre kilos fatigue l'épaule sur un concert entier.
  5. Le réglage : hauteur des cordes, courbure du manche, justesse aux frettes hautes. Un bon magasin ou un luthier le fait à l'achat.

Essayer en magasin reste la meilleure méthode : jouer assis et debout, avec et sans ampli, en main droite aux doigts puis au médiator. En ligne, lire plusieurs avis sur le modèle exact et vérifier les conditions de retour. Côté accessoires, une housse rembourrée, une sangle large et un jeu de cordes neuves transforment souvent une basse d'occasion.

Marques de basse : les doutes qui reviennent

Une basse d'une grande marque fabriquée en Asie vaut-elle moins ?

Pas forcément. Les usines d'Indonésie, de Corée ou de Chine produisent aujourd'hui des instruments très réguliers. La différence avec une série américaine tient plutôt aux bois, aux finitions et aux micros qu'à la construction elle-même.

Faut-il choisir la même marque que son bassiste préféré ?

C'est un bon point de départ pour le son, mais le jeu compte plus que l'instrument. Un bassiste reconnaît son style sur presque toutes les basses ; une Jazz Bass ne suffit pas à sonner comme Jaco Pastorius.

Une basse acoustique est-elle une bonne première basse ?

Rarement. La basse acoustique manque de volume sans amplification et son manche est souvent plus dur. Elle sert surtout pour jouer en petit comité ou pour composer, en complément d'une basse électrique.

Quelles marques garder en tête pour la revente ?

Fender, Music Man, Warwick et les luthiers haut de gamme perdent peu de valeur. Les marques d'entrée de gamme se revendent plus difficilement, ce qui plaide pour un bon instrument d'occasion plutôt qu'un modèle neuf très bon marché.

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