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Micros de basse électrique : formats, position et électronique

Micros de basse électrique : formats, position et électronique

Micro de basse électrique : le pickup qui transforme la vibration de chaque corde en signal. Micro Precision Bass ou micro Jazz Bass de Fender, humbucker, simple ou double bobinage, placé près du manche ou du chevalet, en électronique passive ou active : ce choix de micros basse fait le son d'une basse électrique, bien plus que le bois de la guitare basse.

Trois repères sur les micros de basse :

  • micro type Precision Bass : basse au son épais et médium ; micro type Jazz Bass : basse plus claire et définie ;
  • micro basse près du manche : son rond ; micro près du chevalet : corde serrée, nasillarde ;
  • micro basse actif : pile de 9 volts, niveau de sortie plus élevé ; micro passif : électronique simple.

Comment fonctionne un micro de basse ?

Chaque micro de basse repose sur le principe de l'induction. Des aimants (plots en alnico ou barre en céramique) créent un champ magnétique ; la corde en acier, en vibrant, fait varier ce champ, et la bobine qui entoure les aimants convertit cette variation en courant. Plus la bobine compte de tours, plus le niveau de sortie monte et plus les aigus s'arrondissent. Un pickup bobiné léger sonne ouvert et précis, un pickup très bobiné sonne gras et compressé.

Ce mécanisme explique aussi pourquoi le micro ne capte pas une corde en nylon : sans métal, pas de variation du champ. Il explique enfin le bourdonnement du secteur, que toute bobine capte comme une antenne. Toute l'histoire des micros de basse depuis Leo Fender tourne autour de ce compromis entre définition et silence. Pour comprendre la place du micro dans l'instrument, notre article sur l'anatomie d'une guitare basse et le trajet du signal détaille chaque pièce, du chevalet aux mécaniques.

Les grands formats de micros basse

Les fabricants proposent aujourd'hui une dizaine de formes, mais quatre familles couvrent la quasi-totalité des basses électriques du marché.

Le micro type Precision

Apparu sur la Fender Precision Bass au milieu des années 1950, il est formé de deux demi-bobines décalées, chacune sous deux cordes. Câblées en opposition de phase et de polarité, elles forment un split coil qui annule le ronflement tout en gardant la simplicité d'un simple bobinage par corde. Le son est épais, centré sur les médiums, et tient sa place dans un mixage chargé : c'est le micro de la soul, du rock et de nombreuses sessions de studio.

Le micro type Jazz Bass

Le micro de la Fender Jazz Bass, lancée en 1960, est un single coil étroit placé sous les quatre cordes. Il rend un son plus clair, avec davantage d'aigus et une attaque nette. Seul, il capte le bruit du secteur ; sur une basse à deux micros, les deux bobines inversées s'annulent lorsque les volumes sont égaux. Le Quarter Pound Jazz Bass de Seymour Duncan pousse le principe avec des plots plus larges pour un niveau de sortie plus fort.

Humbucker et soapbar

Le double bobinage (humbucker) place deux bobines côte à côte. Il annule le bruit en permanence et donne un son puissant, riche en bas médiums. On le trouve sur la Music Man StingRay, sur de nombreuses basses Gibson et sur les modèles de metal. Le format soapbar, un boîtier rectangulaire sans plots visibles, peut cacher un simple ou un double bobinage : seule la fiche technique le dit.

Micros piezo et micros de basse acoustique

Le piezo, logé dans le chevalet (bass bridge), capte la pression de la corde plutôt que sa vibration magnétique. Il sert sur la basse acoustique, la guitare acoustique et certaines basses fretless pour retrouver un grain boisé. Il exige presque toujours un préampli.

FormatBobinageCaractère du sonBruit de fond
Type precisionsplit coilépais, médium, rondannulé
Type jazz basssimple bobinageclair, défini, aigus présentsannulé à deux micros, volumes égaux
Humbuckerdouble bobinagepuissant, bas médiumsannulé
Piezocapteur de pressionboisé, acoustiquefaible, préampli requis

La position sur le corps compte autant que le modèle

Un micro capte le mouvement de la corde à l'endroit exact où il se trouve. Près du manche, l'amplitude est maximale : le son est rond, grave, généreux. Près du chevalet, la corde bouge peu et vibre de façon plus complexe : le son devient nasillard, plus fin, avec une attaque marquée, celui du funk et du jeu au médiator.

C'est ce contraste qu'exploitent les basses à deux micros, avec deux potentiomètres de volume (Jazz Bass) ou un potentiomètre de balance. La configuration PJ, un micro type precision au manche et un type jazz au chevalet, couvre les deux caractères et se retrouve sur une large part des types de basses actuels. Sur une basse 5 ou 6 cordes, le micro doit en plus couvrir la corde de si grave : son espacement de plots et sa largeur ne sont pas ceux d'un modèle 4 cordes.

Passif ou actif : deux électroniques, deux philosophies

Une basse passive envoie directement le signal des micros vers l'amplificateur basse. Rien à alimenter, un circuit simple, et un son que beaucoup de bassistes jugent plus organique. Le réglage de tonalité ne fait que retirer des aigus.

Une basse active embarque un préampli alimenté par une pile de 9 volts. Il délivre un niveau de sortie plus élevé, offre un correcteur à deux ou trois bandes qui ajoute ou retire des fréquences, et supporte mieux les longs câbles. En contrepartie, la pile devient un consommable : une basse active laissée branchée continue de la vider, d'où l'habitude de débrancher le jack après avoir joué. Certains micros sont eux-mêmes actifs (EMG, certaines séries Bartolini) ; d'autres sont passifs mais montés derrière un préampli.

Aucune des deux familles n'est supérieure. Tout dépend du style, du confort de réglage et du reste de la chaîne, au même titre que le choix des cordes de basse, qui pèse tout autant sur le son final.

Changer les micros de sa basse : quand et comment choisir ?

Remplacer un micro basse d'origine est l'une des modifications les plus rentables sur une basse d'entrée de gamme. Avant de commander un kit, trois critères se vérifient.

Le format et les dimensions
Un micro de remplacement doit entrer dans la découpe existante. Un pickup set Jazz Bass se glisse dans une basse type jazz ; passer à un humbucker impose une défonce du corps, travail réservé à un luthier.
Le son recherché
Décrire le défaut à corriger (manque de corps, ronflement, aigus agressifs) avant de choisir une voix : c'est lui qui oriente vers un modèle vintage ou moderne.
L'électronique existante
Un micro actif (EMG, Delano, Bartolini) demande un logement de pile et un circuit adapté ; un micro passif se câble sur les potentiomètres d'origine, avec un fer à souder et le schéma de câblage du fabricant. Vérifier aussi la plaque de protection et le capot : sur certaines guitares basses, la plaque porte les potentiomètres et doit être changée avec les micros.
Le blindage
Une cavité mal blindée ajoute du bruit que même le meilleur micro ne supprime pas. Peindre la cavité au vernis conducteur ou la tapisser d'adhésif cuivre améliore la qualité du signal pour un coût modeste, un détail que beaucoup de guides oublient.

Côté son, un micro vintage (alnico, bobinage modéré) recrée le grain des Fender des années 1960 ; un modèle moderne à céramique vise la puissance et le niveau de sortie. Les grandes marques, Seymour Duncan, DiMarzio, Fender Custom Shop, Nordstrand, Aguilar ou Gold Tone côté acoustique, déclinent chaque format en plusieurs voix. Un micro custom bobiné à la main reste possible chez des artisans, pour qui veut un son très précis. Les avis de bassistes en ligne aident, mais un même micro sonne différemment selon le bois, le manche et le tirant de corde : se fier d'abord aux extraits enregistrés sur une basse proche de la sienne.

Avant de démonter quoi que ce soit, régler la hauteur des micros est gratuit et change beaucoup : trop près des cordes, le micro écrase l'attaque et peut freiner la vibration ; trop loin, le son perd du corps. Ce réglage se fait en même temps que celui de l'action et du relief de la basse.

Quelques configurations devenues des références

La Fender Precision Bass American Standard reste la référence du micro type precision seul. La Fender Jazz Bass et ses copies ont fixé le son à deux single coil. La StingRay de Music Man a popularisé le humbucker actif, et la Gibson Thunderbird un double bobinage massif, adopté par des bassistes de hard rock. Geezer Butler, chez Black Sabbath, a longtemps joué des basses solid body à micros très puissants, part de la lourdeur du son du groupe. Une basse fretless équipée de micros jazz met en valeur le chant des médiums. Geezer Butler a d'ailleurs sa gamme de micros signature (GZR). Ces instruments ne sont pas des consignes, mais ils donnent des repères d'écoute pour décrire le son qu'on cherche avant de choisir un micro basse électrique.

L'angle oublié : le micro ne corrige pas le jeu

Un micro change le timbre, pas la main. La position de l'attaque (près du manche ou du chevalet), la force du doigt et l'étouffement des cordes modifient le son autant qu'un changement de pickup. Avant d'investir dans un nouveau kit, enregistrer la même ligne en déplaçant simplement la main droite permet d'entendre ce qui vient du jeu et ce qui vient de l'électronique. Ce test gratuit évite bien des achats décevants et fait souvent découvrir des sons que les micros d'origine produisaient déjà. L'utilisation d'une pédale d'effet ou du correcteur de l'ampli complète le travail : un micro de qualité moyenne bien réglé vaut souvent mieux qu'un micro haut de gamme mal utilisé. Et pour un micro d'occasion, vérifier que les fils de sortie sont intacts et demander une écoute avant l'achat.

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